Ateliers avec Anne-Sophie Zuber :
"liaison entre la littérature enfantine et le cinéma"

Annie Fourré - Jocelyne Hababou - Dominique Lanfant - Régis Milhas

En liaison avec "Ecole et Cinéma", la Cellule d'Action Culturelle de l'Inspection Académique a proposé à quatre classes, trois maternelles et un CP , un travail avec Anne-Sophie Zuber qui pourrait s'intituler "liaison entre la littérature enfantine et le cinéma".
Anne-Sophie Zuber, passionnée de livres et de films est à la fois formatrice en littérature enfantine à l'ARPLE (Association de Recherche et de Pratique sur le Livre pour Enfant), et secrétaire de rédaction de "Zéro de Conduite", revue de l'UFFEJ
( Union du Film pour l'Enfance et la Jeunesse).
Nous avons travaillé autour du film "Alice" de Jan Svankmajer : Anne-Sophie a constitué une "malle de livres", avec des albums qui peuvent faire penser à l'univers
d' "Alice", soit par leur graphisme, soit par des associations de thèmes (la variation des tailles ou l'idée de "passage", la "mer de larmes" etc... ou parce que l'univers de l'auteur est un peu similaire à celui du film ( Anthony Browne ou Claude Ponti).
Cette malle de livres a été prêtée pour l'année scolaire à chacune des quatre classes par l'Inspection Académique.
Anne-Sophie est venue dans chaque classe présenter et lire ces livres trois lundis de suite.

Au fil de ces séances, les allers-retours albums/films se sont faits de plus en plus fréquents : les livres font reparler du film et le film fait repenser aux livres.
Les livres sont prétexte à discussions et éclaircissements sur le film.
Egalement, les albums s'éclairent les uns-les autres : soit chez un même auteur, des personnages reviennent d'un album à l'autre (comme dans Ponti, on retrouve Adèle, puis Blaise le poussin masqué), soit des situations sont ressenties comme similaires dans des livres d'auteurs différents ("Maman va-t-en" et "Le pépin de babelicot").
Assez rapidement, les enfants cherchent dans la malle ou dans la bibliothèque des références à "Alice", ce qui permet au film de rester présent dans la classe et d'être très "décrypté" .
Quant au film, il suscite un plus grand appétit pour les livres. Les enfants ne décrivent plus seulement les images, mais cherchent plutôt à les analyser (véritable lecture d'images).

Ces ateliers de lecture avec un médiateur ont induit la démarche d'anticiper l'histoire, pour le film et pour les livres).
Ils ont déclenché la découverte de ce qu'est un auteur : les enfants ont d'abord voué une véritable admiration pour Anthony Browne, cherchant ses livres dans toutes les bibliothèques (d'écoles et municipales). Ils ont aussi découvert Claude Ponti, cherchant à retrouver les personnages de livre en livre, et, plus récemment, Philippe Corentin... Apparemment, c'est une démarche que les enfants ont acquise pour tous les albums.

Les enfants ont développé un plaisir de retrouver des passerelles entre un film (très riche) et les albums, puis entre les albums de la malle et les autres : un plaisir de trouver des références culturelles et de les partager, aussi bien au niveau des albums qu'au niveau des films qu'ils connaissent.
Les livres ont facilité la mémoire du film et le plaisir d'en reparler ; le vocabulaire même du film est repris quotidiennement :
"S'il vous plaît , Monsieur Lapin"..."Tranchez-lui la tête!"...
Les enfants de CP ont eu envie de reprendre les livres de la malle en les lisant eux-même...

Nous, enseignants, avons aussi beaucoup appris du travail avec Anne-Sophie : nous avons "repensé" les situations de lecture d'albums aux enfants (conditions de lumière, d'installation, comment tenir le livre etc...)
Ce dispositif a aussi favorisé un travail d'équipe entre plusieurs écoles.

Les albums de la malle

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