ALLONS Z’ENFANTS AU CINÉMA !


Une petite anthologie de films pour le jeune public édité par
Les enfants de cinéma.

BON DE COMMANDE EN PDF

la couverture
Sous la direction de Catherine Schapira et Luce Vigo,
Les Enfants de cinéma, Paris, 2001.
– 248 pages, 2 couleurs – 90 FF [TTC]


Bel objet d’édition, c’est avant tout un livre pratique, que l’on peut poser sur sa table de chevet (et en lire une page chaque soir au coucher), dans sa bibliothèque (et s’y évader un verre de cognac aux lèvres), sur son bureau (à côté des factures en Euro), ou même dans son cartable (bien serré entre l’agenda et le portable allumé).

Cette "petite" Anthologie est un “dictionnaire partiel”, à la différence essentielle que son contenu informatif provoque images, histoires, souvenirs, envies, et tisse des connections nouvelles entre les fragments épars de notre savoir sur le cinéma. On peut s’y référer à tout moment, ou au contraire s’y promener sans but, comme dans un labyrinthe où jamais le chemin sera le même et où il est si délicieux de se perdre.
La sélection partielle, assumée, revendiquée de “films à montrer à un jeune public” propose les “jalons” d’une culture à partager du cinéma.

Repère pour des "paires" qui ensemble cherchent des films pour les enfants, repère pour un "père", assis sur un trottoir et pensif à l’idée de choisir LE film où emmener son enfant, ce dernier à ses côtés, tendu à cette décision terrible... comme Bruno et son père Ricci du Voleur de bicyclette, image ricochet qui illustre la couverture de l’Anthologie.

Ce qui est attachant, c’est qu’on y trouve forcément ce qu’on y cherche. Brocante de nos souvenirs cinématographiques, "troc et puces" de nos émotions, le livre est sous-tendu par notre volonté de transmettre passion et plaisir du cinéma aux plus jeunes. Même y chercher un film qui ne serait pas dans les deux cents choisis, nous y fait penser, le fait revivre en nous ; regrets sont souvenirs aussi !
Initier les enfants, c’est s’initier “passeur d’œuvre”. C’est apprendre ce nouveau rôle, alors que nous connaissons nous-mêmes si peu de films au regard de l’immensité infinie de ce répertoire mondial qui grossit chaque année.
Y a-t-il un âge où l’on ne ressent plus le plaisir d’être pris par la main par un autre, et conduit sur un sentier accidenté par un éclaireur attentif et prudent, jamais sûr de lui ? Il suffirait d’ouvrir ce livre pour en dissiper l’impression.

Cet ouvrage doit aussi créer du désir de voir et revoir. Désir de pousser l’industrie culturelle à oser “plus de répertoire”, plus de ces “classiques” qui rassemblent les générations, les individus, au-delà de leurs différences, dans une sensibilité et une émotion partagées, ce qui est le propre d’une œuvre d’art universelle.

N’ayant pas d’autre but pratique que de rencontrer ses lecteurs, ce livre se laissera adopter à la pratique de tous, s’additionner avec bonheur aux outils préexistants des programmateurs et cinéphages.
On peut également espérer qu’il devienne un état d’esprit, une approche alternative qui ferait "pont" entre les pratiques des uns et des autres engagés sur le cinéma en direction du jeune public. “Allons z’enfants au cinéma” en a le potentiel, la matière première. Ses concepteurs et ses lecteurs en ont le désir, l’envie. Il ne resterait qu’à rassembler ces “gens de cinéma” dans un rendez-vous où serait réévalué le formidable patrimoine mondial, passé et présent, des films qu’il faut montrer dans les salles de cinéma.
La quête du “meilleur du cinéma pour le meilleur des publics” ne fait que commencer !

Olivier Demay

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