“Les Aventures de Philippe”,
un conte inventé par les élèves décliné de sept manières différentes. 
Le conte radiophonique (classe de CM2)

Le texte écrit par les élèves à partir du synopsis
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Les malheurs de Philippe

Il y a bien longtemps, dans un pays lointain, au coeur d’une vaste forêt, vivait une meute de loups. Leur chef, Philippe, était un loup robuste, courageux et gentil mais un peu timide. Il avait une fourrure magnifique et très rare puisqu’elle était de couleur verte.

Il vivait dans une immense caverne avec sa fiancée Mélissa. Le reste de la meute habitait non loin de la tanière de Philippe. Les loups ne s’aventuraient jamais très loin pour chasser car ils craignaient d’être attaqués par le Tigicro, monstre épouvantable, essentiellement marin, au corps de tigre surmonté d’un cou de girafe et d’une tête de crocodile. Celui-ci habitait à quelques lieues de la forêt des loups et passait la plupart de son temps à semer la terreur chez les loups. Cette créature diabolique possédait un diamant magique qui lui permettait de se transformer en tout ce qu’il souhaitait quand il le voulait.

Un jour, alors que Mélissa était en train de chasser et courait après une biche, celle-ci sortit de la forêt. La louve s’arrêta, renonçant à sa proie car elle se méfiait du Tigicro. Elle allait replonger dans la forêt quand elle aperçut un lièvre tout près d’elle.
Elle bondit sur lui, et, à ce moment-là, le lièvre disparut, laissant place au Tigicro qui s’empara de Mélissa et la ligota. Puis, la traînant derrière lui, il partit en direction de sa caverne. En chemin, Mélissa laissa volontairement tomber sa bague, en espérant que quelqu’un la trouve et comprenne qu’elle était en danger.

Pendant ce temps, dans sa tanière, Philippe s’inquiétait car sa fiancée n’était pas rentrée et il se faisait tard. Il décida donc de partir à sa recherche et se mit à fouiller la forêt. Soudain, il aperçut la bague de Mélissa sur le sol. En la ramassant, il reconnut l’odeur de la louve ainsi que l’odeur salée du Tigicro. Il suivit leurs pistes trouvant, de temps en temps, dans les endroits humides, des traces de pas de Mélissa et du Tigicro. Cette fois, il n’y avait pas de doute, la louve avait bien été enlevée par le monstre.

Philippe avançait toujours, tête baissée, flairant le sol. Tout à coup, il entendit des bruits qui le firent penser à de l’eau. Il redressa la tête et vit qu’il approchait d’une rivière. Tout en se demandant comment il allait faire pour la franchir, en observant la surface de l’eau, il aperçut des oiseaux. Il remarqua qu’on voyait leurs pattes et aussitôt, il se mit à hurler : des crocodiles. Piétinant au bord de la rivière, il cherchait autour de lui, un moyen de traverser. Ne trouvant rien, il commença à s’énerver.

Un aigle qui planait au-dessus de la rivière en quête de nourriture, le repéra, poussa des cris et piqua sur Philippe. Quand il fut suffisamment près de lui, il demanda :
« Qu’y a-t-il ? Pourquoi te mets-tu dans cet état ?
- LeTigicro, cet abominable monstre a enlevé ma fiancée. Il l’a probablement emmenée dans sa grotte et je ne peux traverser la rivière car elle est infestée de crocodiles.
- Si tu veux bien me faire confiance, je peux te prendre dans mes serres et te transporter de l’autre côté de la rivière.
- J’accepte, de toutes façons, je ne vois pas d’autre solution.»
Et l’aigle emporta Philippe sur l’autre rive.
« Je te remercie de m’avoir aidé. Lorsque j’aurai retrouvé ma fiancée, nous allons nous marier. Je t’invite donc à fêter cet événement avec nous.
- Et bien, ce sera avec plaisir. A bientôt donc.»

Et chacun partit de son côté. Philippe marchait depuis un bon moment, quand soudain, son nez commença à le picoter et il fut pris d’une série d’éternuements. Ses yeux devinrent rouges et tout gonflés.
Alerté par les éternuements, le Tigicro sortit de sa caverne. Et là, en levant la tête, il aperçut, sur la falaise, non loin d’un champ de choux-fleurs, le loup Philippe. Au même instant, Philippe crut lui aussi, reconnaître le Tigicro. Pour s’en assurer, il grimpa sur un muret qui se trouvait à proximité. «Oui, c’était bien lui.»
Les éternuements le reprirent et c’est en descendant du muret qu’il comprit ce qui lui provoquait une telle allergie. «Mince, des choux-fleurs ! Voilà pourquoi je suis dans cet état ! Il faut à tout prix que je m’en éloigne.»
Il regarda autour de lui s’il n’y avait pas d’autres possibilités que de traverser ce maudit champ et découvrit un passage étroit et raide entre des rochers qui descendait vers la plage. Il s’y engagea. Mais le Tigicro se douta que Philippe allait tenter de gagner la caverne par la plage. Alors, il se transforma en crabe, se cacha sous un rocher et attendit le loup. Celui-ci ne tarda pas. Il s’arrêta et s’appuya contre un rocher pour reprendre ses esprits et réfléchir à la façon d’approcher la caverne du monstre sans se faire repérer.

Brusquement, le Tigicro redevint lui-même et fit sursauter Philippe.
«Alors, comme ça, tu te croyais plus malin que moi ! Tu pensais délivrer la louve ? Eh bien ! c’est trop tard, je l’ai mangée et d’ailleurs, tu vas aller la rejoindre dans mon estomac.
- Bon, je reconnais que tu es le plus fort mais, avant de me manger, ma dernière volonté serait de savoir à quoi te sert le diamant que tu portes autour du cou ?
- Comme tu as pu le constater il y a un instant, grâce à lui, je peux me transformer en tout ce que je veux.
- Je sais, tu peux te transformer en êtres vivants mais, pourrais-tu par exemple, devenir... un gigot ?»
Et aussitôt, un magnifique gigot apparut devant le loup. Sans perdre une seconde, Philippe se précipita dessus et commença à le dévorer. Tout à coup, il sentit quelque chose de très dur sous ses dents et il sortit de sa gueule... le diamant. «Fantastique, je suis en possession du diamant et j’ai vaincu le Tigicro ! Pas de doute, rien ne vaut la ruse !»
Puis il acheva son repas, se lécha les babines et dit : «Succulent ce gigot de Tigicro, mais les os doivent être difficiles à avaler !Je ne tiens pas à me casser les dents dessus ! Je préfère m’en débarrasser.»
Et il les lança très loin, en direction d’une pancarte où l’on pouvait lire «ZONE DANGEREUSE, SABLES MOUVANTS».Très vite, les os s’enfoncèrent et disparurent.

Philippe se remit à marcher sur la plage tout en appelant Mélissa. Une voix étouffée lui répondit bientôt : «Je suis là, dans une grotte, tout près d’un immense rocher à peine détaché de la falaise.
- Ça y est, j’ai repéré l’endroit, j’arrive.»
Une fois devant la grotte, il pénétra à l’intérieur etdétacha Mélissa.Ils s’embrassèrent tout en sautant de joie.
«Ah ! j’ai bien cru que je ne te reverrais jamais car le Tigicro avait vraiment l’intention de me manger.
- Et moi, je pensais que je ne te retrouverais pas. Mais enfin,nous sommes à nouveau ensemble et c’est tout ce qui compte. Et puis, j’ai éliminé le Tigicro et j’ai récupéré son diamant magique. D’ailleurs, je vais immédiatement te montrer que tout est possible avec cette pierre.»
Il saisit une poignée de sable, posa le diamant dessus et se mit à penser très fort à un cheval volant, et aussitôt, il en sortit un de sa main. Ils enfourchèrent leur monture et en un rien de temps, ils furent chez eux. Puis, Philippe fit disparaître le cheval ailé comme il l’avait fait apparaître et passa le diamant au cou de Mélissa.

Lorsqu’ils atteignirent le cœur du village, tous les loups accoururent et les questionnèrent. Philippe raconta ses exploits et tous restèrent bouche bée d’admiration. Puis, les fiancés annoncèrent leur mariage pour le lendemain.
Chacun rentra dans sa tanière, heureux et se mit à préparer la fête. Les loups confectionnèrent des tas de gâteaux, des plats variés et certains décorèrent la place où devait se dérouler la noce.

Le lendemain, très tôt, tout le village était en effervescence. Dès le matin, on mit de la musique. Sur les tables, la nourriture était abondante et joliment présentée. Lorsque Philippe arriva pour voir où en étaient les préparatifs, il fit apparaître avec son diamant, tout ce qui lui semblait manquer et dont il raffolait : des tonneaux de coca à l’orange ainsi qu’une montagne de cuisses de poulet.

A quatorze heures précises, lorsque les mariés et les invités arrivèrent sur la place, la musique redoubla d’intensité. C’est ce moment que choisit l’aigle pour faire son apparition parmi les loups car, alerté par la musique et l’agitation, il survolait la forêt depuis quelque temps déjà.
On célébra le mariage. Puis, avant que les convives ne se jettent sur les victuailles, Philippe demanda la parole.
«Votre attention s’il vous plaît mes amis,
Tout d’abord, je tiens à vous dire que je suis très heureux que nous soyons réunis pour fêter mon mariage ainsi que la disparition du Tigicro.Maintenant que nous sommes débarrassés de ce monstre, nous allons pouvoir circuler librement sans crainte. Notre vie va vraiment changer.
Je voudrais aussi vous présenter mon ami l’aigle, sans qui, je n’aurais peut-être pas réussi à sauver Mélissa. Désormais, pour moi, il fait partie de la famille.
Voilà, j’arrête là mon discours, que la fête continue !»
Les loups mangèrent, burent, dansèrent et chantèrent jusqu’au petit matin et grâce au diamant, on ne manqua de rien sur la table.
Et depuis, Philippe, Mélissa et leurs semblables vivent en paix.

CM1-CM2 école beauregard ; Torcy
2000-2001

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